Gastronomie levantine. €€. Paris 2e.
Shabour ne fait rien comme les autres et c’est bien: un restaurant sans tables, avec une cuisine-scène centrale totalement ouverte et 33 couverts autour, perchés sur un bar rectangulaire; une ambiance festive-classe, un cran plus sage que celle de son cousin Balagan, très festif (Paris 1er), soulignée par une vaisselle toute en finesse, porcelaine et verres de cristal; une apparente décontraction aux fourneaux qui cache un professionnalisme réglé comme du papier à musique… et une cuisine toute en épices et herbes, qui transporte les papilles en une bouchée.
Pain Frenavon au zaatar, tressé autour d’une branche d’olivier, filet de rouget et gratin relevé au matbucha, anis et féta, un “haminados” à tomber (oeuf mollet sous une crème au tahini et oeufs de saumon), impeccable cigare à l’agneau et vinaigrette cornichon, tortellinis régressifs au chorizo, machluta, labane et pignons de pin…
Le chef Assaf Granit et ses accolytes Dan Yosha, Uri Navon et Tomer Lanzman secouent les codes de la gastronomie et réjouissent les appétits avec ce deuxième restaurant parisien, qui porte haut la cuisine israélienne, en plein essor en France et dans le monde.
Charlotte Langrand