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Fermeture des restaurants : l’appel à l’aide des chefs

Réunis par le chef Jean-François Piège, une vingtaine de grands acteurs de la gastronomie lancent un cri d'alarme et demandent à être indemnisés

De gauche à droiteYves Camdeborde (Comptoir du Relais…), Bruno Rigaud (producteur de légumes), Marc Favier (Marcore), Didier Pil (agriculteur producteur), Stéphanie Le Quellec (La Scène…), Amandine Chaignot (Pouliche), Emmanuel Renaut (Flocon de Sel…), Bertrand Auboyneau (Le Paul Bert), Mathieu Pacaud (Apicius), Pierre Gagnaire (Restaurant Pierre Gagnaire…), Guy Savoy (La Monnaie…), Christian Constant (Café Constant), Yannick Alleno (Ledoyen…), Joël Thiebault (producteur de légumes), Stéphane Jégo (l’Ami Jean), Bertrand Grébaut (Septime…), Jean-François Piège (Le Grand Restaurant…), David Toutain (David Toutain), Adeline Grattard (Yam Tcha).


lls se disent « sur la paille », au propre comme au figuré. Dix-neuf cuisiniers, étoilés comme bistrotiers, et producteurs ont décidé de prendre la pose jeudi dernier, assis sur des bottes de foin et des cageots de légumes, posées à-même le bitume parisien, devant le restaurant Marcore (Paris 9e). Yves Camdeborde, Yannick Alléno, Pierre Gagnaire (représentant aussi Olivier Roellinger), Adeline Grattard, Stéphane Jégo, Amandine Chaignot, Christian Constant ou David Toutain ont tous répondu présent à l’appel du chef Jean-François Piège. Visages fermés et sourires absents, en vestes blanches, ils ont voulu montrer aux pouvoirs publics à quel point leur situation est critique : «La profession est au bout du rouleau», glisse ce dernier, avant d’ajouter, ému : «nous laisser dans cette situation, c’est nous tuer.»

A mesure que la durée de la fermeture administrative de leurs établissements s’allonge, les chefs estiment ne plus pouvoir tenir longtemps : « C’est un cauchemar, cela fait huit mois que nous détruisons notre trésorerie, poursuit-il. L’addition est trop lourde, les charges que nous devons toujours régler chaque mois sont trop importantes pour passer cette crise. Le «quoi qu’il en coûte» nous coûte surtout à nous, restaurateurs. Nous attendons des mesures précises. » Les restaurateurs doivent en effet toujours payer leurs loyers, des frais fixes de fonctionnement ainsi que la majorité des congés payés accumulés par leurs salariés, même en chômage partiel.

Nous ramons alors que nous avons la chance d’être médiatisés, alors imaginez à quel point le reste du métier est en difficultés…

Bertrand Grébaut, chef de Septime et Clamato à Paris

Le gouvernement a annoncé que les établissements ayant perdu au moins 50% de leur chiffre d’affaires pouvaient bénéficier d’une aide allant jusqu’à 10.000 euros ou d’une indemnisation de 15% à 20% du CA mensuel. « Ces aides ne sont pas suffisantes, insiste Bertrand Grébaut, chef de Septime et Clamato à Paris, qui emploie 45 salariés. Tout le monde est concerné : nous ramons énormément alors que nous avons la chance d’être médiatisés, alors imaginez à quel point le reste du métier est en difficultés… Nous ne jugeons pas les mesures sanitaires, car on doit effectivement enlever le masque au restaurant… Mais si nous devons rester fermer, il devrait y avoir une contrepartie claire : nous ne cherchons pas à rouvrir coûte que coûte mais au moins à ne pas continuer à payer alors que nous sommes fermés. » De son côté, l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) organise un rassemblement national demain à Paris: “nous disons: laissez nous travailler ou payez ce que vous nous devez!”, s’exclame Huber Jan, le président nationale de la branche restauration….

Retrouvez la suite de l’article sur : www.lejdd.fr

Charlotte Langrand

Journaliste au Journal du Dimanche (JDD) rubriques Gastronomie-Cuisine, santé-bien-être

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