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Cuisine et amour : dans le frigo des couples

Comment cuisiner en couple, si l'on n'a pas les mêmes goûts? La cuisinière Trish Deseine apporte quelques réponses (et recettes)

Dans le frigo des couples. Comment cuisiner lorsqu’on n’a pas les mêmes goûts que son conjoint ? La cuisinière Trish Deseine l’a vécu, quand cette omnivore est tombée amoureuse d’un végan… Elle en a fait un livre de recettes veggie plein d’humour et de gourmandise, sans pour autant oublier son amour du fromage ou de l’escalope de veau à la crème. Chronique à réécouter grâce au podcast de l’émission Culture-médias (A 22mn), de Philippe Vandel sur Europe1ou à lire ci-dessous:


Si l’on parle d’amour et de cuisine, c’est pour le meilleur et parfois… pour le pire. Bérengère Krief, j’ai entendu une de vos interviews dans laquelle vous disiez qu’auparavant vous vous « oubliez » souvent dans vos relations amoureuses. Que par exemple, vous vous maquilliez le soir avant de dormir ou que vous demandiez à votre ex ce qu’il voulait manger le soir alors que vous n’aimez pas trop faire la cuisine… A part votre gâteau au yaourt et, depuis le confinement, un Banana bread, je crois, ce n’est pas tellement votre truc…

Et c’est vrai que la question du « frigo commun » quand on se met en couple est importante ! Car non, tout le monde n’a pas les mêmes goûts, tout le monde n’aime pas forcément cuisiner au quotidien mais tout le monde doit bien faire à manger à un moment donné… La question est donc : « si l’on n’a pas l’amour de la cuisine, peut-on faire une cuisine de l’amour ? » Je ramasse les copies dans quatre heures !

Une cuisinière omnivore avec un conjoint végan…

Cuisine et amour : dans le frigo des couples
Le livre de Trish Deseine, qui paraîtra le 29 septembre (Hachette cuisine)

On peut prendre exemple sur l’histoire de la cuisinière Trish Deseine. Elle, elle adore cuisiner, elle écrit des livres de recette et c’est une réelle omnivore. Mais voilà, l’année dernière, elle tombe amoureuse d’un homme qui ne mange ni viande, ni laitages… Quand ils emménagent ensemble pendant le confinement, la voilà -pour la première fois de sa vie de cheffe- perplexe devant ses propres fourneaux. Partagée entre son nouvel Amour et son amour… de l’escalope de veau à la crème !

Trish décide de tester la vie sans Paris-Brest et sans steak tartare… Elle donc passé des heures et des semaines à revoir sa façon de faire les courses et de cuisiner. Et, elle en a même fait un livre de recettes appétissant, qui sort à la fin du mois. Il est très loin des discours clivants entre végétaliens moralisateurs et « viandards » moqueurs… Ca s’appelle, non sans humour, « la (bonne) cuisine veggie et vegan d’une omnivore réticente (mais amoureuse) » !! (Hachette Cuisine)

Les recettes veggie d’une cuisinière amoureuse

On y trouve des « saucisses veggie » et de boulettes à base de lentilles, avec beaucoup d’oignons, d’épices (cumin, coriandre, carvi…), un bourguignon de champignons (thym, vin rouge, ail…), un parmentier de légumes avec une béchamel à l’huile d’olive à la place du beurre, beignets de courgettes et un banana bread au chocolat… C’est pour vous Bérengère !

Comme c’est une bonne vivante, elle n’a pas cherché à remplacer le fromage ou la viande par de « faux » substituts, faits dans des laboratoires, souvent pas très réussis… Les recettes sont gourmandes et elles rendent service à tous les cuisiniers qui doivent s’adapter de plus en plus souvent aux « régimes particuliers » (sans gluten, sans lactose, sans œufs…). C’est ainsi : pour la planète, il nous faut revoir notre façon de consommer les produits carnés et il faut surtout savoir que la cuisine végétarienne n’est plus une cuisine punitive et sans relief, maintenant que les chefs se sont penchés sur le sujet.

S’adapter sans pour autant renoncer à ses propres goûts

Alors je vous rassure : sa découverte amoureuse de la cuisine végane ne ressemble pas à la scène de peau d’âne où Catherine Deneuve prépare un « cake d’amour » pour « son prince » dans sa « robe couleur de soleil ».

Trish Deseine ne s’est pas transformée en femme des années 50, qui se plie en quatre aux fourneaux pour son mari. Ici, ce sont les années 2020 ! Elle ne manque pas d’humour, essaye de convaincre le lecteur de la gourmandise de ces recettes comme elle a dû se convaincre elle-même avant. Et surtout, elle n’oublie pas ses propres goûts : elle a fini par réintégrer le vrai fromage et le beurre dans son frigo, pour ne pas « s’oublier » dans sa relation à l’autre et se faire parfois… ces petits plaisirs en solitaire.

Hachette Cuisine, 24,95€. Sortie le 29 septembre

Charlotte Langrand

Journaliste au Journal du Dimanche (JDD) rubriques Gastronomie-Cuisine, santé-bien-être

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