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L’art de poireauter

Rustique, immuable mais mal-aimé, le poireau fait un retour revigorant sur le devant de l'assiette

C’est toujours lui qui dépasse des cabas de retour de marché, son feuillage vert pointé vers le ciel, comme un amant délaissé qui cherche à attirer l’attention. Hélas pour le poireau, on le regarde sans le voir… Il a beau nourrir l’espèce humaine pour pas grand-chose depuis l’Antiquité, cette fidélité désuète lui a simplement valu un surnom, « l’asperge du pauvre », qui ne lui rend pas justice. Pauvre légume discret, qu’on aime bien mais qu’on aime mal. Droit dans sa botte, ce tube échevelé est pourtant immuable : modeste, rustique, robuste et quasi-perpétuel (récolté de septembre à avril), il a épousé la cuisine hivernale comme le pain, le fromage.

Des arômes francs et une finesse cachée

Pour se faire remarquer, il a une botte secrète : embaumer l’air avec ses effluves aromatiques franches, cousines de l’oignon, de l’ail ou de la ciboulette, qui sont de la même famille que lui, celle des alliacés. Mauvaise pioche, encore : on le c